L’examen complet de NB Power arrive à un moment décisif. La province navigue dans des pressions économiques bien réelles : hausse des coûts, marché du travail tendu, et incertitude mondiale qui complique la planification comme jamais auparavant. Dans ce contexte, la capacité du système énergétique à soutenir la croissance à long terme mérite une attention sérieuse.
Le Conseil des entreprises du Nouveau-Brunswick accueille favorablement cet examen indépendant. Non pas parce que les réponses sont simples, mais parce que les questions sont depuis trop longtemps sans réponse. La façon dont le Nouveau-Brunswick alimentera son économie au cours des prochaines décennies déterminera où les investissements se dirigeront, si les industries pourront prendre de l’expansion, et si la province pourra bâtir le type de prospérité qui soutient des services publics solides pour tous.
Énergie et croissance économique sont inséparables
Il vaut la peine d’être clair sur ce qui est en jeu au-delà du secteur des services publics d’énergie. La disponibilité, la fiabilité et le coût de l’énergie figurent de plus en plus parmi les premières considérations des entreprises qui décident où s’établir et investir. C’est vrai pour les fabricants, les centres de données, les transformateurs agroalimentaires et les industries propres émergentes qui définiront la prochaine génération de notre économie.
Lorsque les entreprises ont confiance dans le coût, la fiabilité et la trajectoire à long terme de leur approvisionnement en énergie, elles investissent. Quand cette confiance est absente, les décisions sont reportées ou prises ailleurs. Le Nouveau-Brunswick possède de véritables atouts concurrentiels. Le système énergétique devrait renforcer ces atouts, qu’il s’agisse d’électricité, de gaz naturel ou d’autres sources d’énergie.
La croissance importe aussi pour une raison qui dépasse les affaires. Un secteur privé en croissance génère les recettes fiscales qui financent les soins de santé, l’éducation et les infrastructures dont dépendent les communautés. L’énergie est un moteur de croissance. Ce lien mérite d’être au centre de la façon dont cet examen cadre ses travaux.
De bonnes décisions exigent un public informé
La culture énergétique est essentielle. Lorsque les citoyens comprennent le fonctionnement du système, ce qui fait monter les coûts et ce que signifient les compromis entre les différentes voies possibles, les conversations autour des grands investissements deviennent plus fondées et les résultats plus durables. L’appui du public, quand il repose sur la compréhension, tient dans le temps.
Il s’agit de s’assurer que les Néo-Brunswickois ont accès à une information claire et honnête sur les choix faits en leur nom. Cet examen est l’occasion de modéliser ce type de transparence dès le départ.
Les décisions à venir sont véritablement importantes
L’une des raisons pour lesquelles cet examen est si important, c’est l’ampleur de ce qui s’en vient : Mactaquac, Point Lepreau, de nouvelles capacités de production, des investissements dans le réseau de transport, et l’électrification progressive d’industries qui ont historiquement fonctionné avec d’autres sources d’énergie. Ce ne sont pas des décisions ordinaires. Elles impliquent des horizons temporels longs, des capitaux considérables et des compromis qui se feront sentir pendant 30 à 40 ans.
Le système devient aussi plus complexe. Une production plus variable et distribuée, le stockage et des modèles de demande en rapide évolution exigent des approches de planification qui vont bien au-delà de ce qui était nécessaire il y a quelques décennies.
La reconnaissance par l’examen des préoccupations relatives à la compétitivité des tarifs est un signal important. L’observation selon laquelle certains grands utilisateurs industriels pourraient bénéficier d’une plus grande flexibilité dans la façon dont ils s’approvisionnent et gèrent leur énergie mérite d’être explorée avec soin. La façon dont cela est structuré est importante. Toute approche devra être conçue en tenant compte du reste de la clientèle, afin de ne pas reporter les coûts sur les ménages et les petites entreprises. Trouver le bon équilibre est l’un des compromis les plus importants que le système devra naviguer.
La dimension régionale est une opportunité à saisir
Le système énergétique du Nouveau-Brunswick n’existe pas en vase clos. Il est interconnecté avec les provinces et les États voisins, et le bien-fondé d’une coordination régionale plus poussée, tant pour l’électricité que pour le gaz naturel, est de plus en plus évident. Les travaux du Conseil sur l’avenir énergétique de l’Atlantique ont exploré cette question en profondeur.
Il existe une véritable occasion ici. La coordination à l’échelle régionale peut réduire le besoin d’infrastructures dupliquées, répartir le risque lié aux grands investissements en capital et améliorer la résilience globale du système. Elle peut également ouvrir l’accès à une gamme plus large de ressources de production. Ce ne sont pas là des avantages abstraits. Ils se traduisent par de meilleurs résultats pour les entreprises et les ménages.
Penser à l’échelle régionale n’est pas s’éloigner des intérêts du Nouveau-Brunswick. Bien fait, cela les fait avancer.
L’investissement privé exige une direction claire et stable
Les capitaux nécessaires pour moderniser et développer le système énergétique du Nouveau-Brunswick ne proviendront pas uniquement de sources publiques. L’investissement privé sera indispensable. Et l’investissement privé, par nature, exige de la clarté sur la direction, les échéanciers et la façon dont les décisions seront prises.
Ce n’est pas une demande déraisonnable. Les entreprises et les investisseurs qui planifient à plusieurs années ont besoin d’avoir confiance que le cadre qui les entoure est stable et cohérent. Un examen qui produit une orientation claire à long terme et un engagement crédible à la respecter fera davantage pour attirer les capitaux dont notre système a besoin que n’importe quelle annonce de projet.
La prévisibilité n’est pas une contrainte à l’ambition. C’est ce qui rend l’ambition finançable.
Ce que nous espérons voir
Le Conseil des entreprises du Nouveau-Brunswick suivra de près quelles recommandations seront mises en oeuvre en priorité pour avoir le plus grand impact sur la trajectoire énergétique de la province. Nous cherchons un plan à long terme qui traite l’énergie comme un moteur de croissance économique, et non comme un simple coût à gérer. Un plan qui positionne le Nouveau-Brunswick pour attirer des investissements, soutenir l’expansion industrielle et maintenir des tarifs compétitifs dans le temps. Et un plan conçu pour durer au-delà de tout cycle politique.
Ce qui sous-tend tout cela est un besoin que l’examen seul ne peut combler. Le Nouveau-Brunswick a besoin d’une stratégie énergétique provinciale globale. Une stratégie qui dépasse le mandat d’un seul service public et qui examine le portrait complet de la façon dont l’énergie est produite, distribuée, tarifée et consommée dans l’ensemble de l’économie. La récente Stratégie de croissance du Nouveau-Brunswick du gouvernement provincial signale l’intention de diriger ces travaux. Le Conseil accueille favorablement cet engagement. NB Power est au coeur d’une telle stratégie, mais celle-ci doit aussi englober les grands utilisateurs industriels, les technologies émergentes, les priorités de développement économique et la compétitivité à long terme de la province. Un examen des services publics sans ce cadre stratégique plus large risque de résoudre les parties sans s’attaquer à l’ensemble.
L’examen est le bon point de départ. La stratégie énergétique provinciale est là où il doit mener.
