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Le monde qui entoure le Nouveau-Brunswick change rapidement, et pas toujours en notre faveur.

Le Canada entre dans une période d'incertitude économique sérieuse : la productivité stagne, les investissements progressent lentement, et les entreprises font face à des coûts croissants et à une complexité réglementaire qui rendent la croissance plus difficile qu'elle ne devrait l'être.

Au sud, les tarifs douaniers et l'instabilité politique bouleversent des relations commerciales que les entreprises des deux côtés de la frontière ont mis des décennies à bâtir. Et par-dessus tout cela, les bouleversements géopolitiques mondiaux redessinent les chaînes d'approvisionnement, réorientent les marchés énergétiques et intensifient la concurrence pour les industries qui définiront la prochaine génération de prospérité. 

Ces forces ne sont pas abstraites. Elles déterminent où les entreprises investissent, où les emplois sont créés et où les occasions prennent racine. Pour une petite province comme le Nouveau-Brunswick, elles soulèvent une question à laquelle on ne peut plus tarder à répondre : « Façonnons-nous notre propre avenir, ou laissons-nous les forces extérieures le façonner à notre place? » Ce choix nous appartient. Mais seulement si nous choisissons de le faire.

Le Nouveau-Brunswick a bâti quelque chose qui mérite véritablement d'être protégé. Les familles de cette province comptent sur un système de santé accessible quand elles en ont besoin. Les parents confient leurs enfants à de solides écoles publiques qui ouvrent des portes sur l'avenir. Les collectivités s'appuient sur des programmes sociaux qui soutiennent les aînés, les familles vulnérables et les personnes qui traversent des moments difficiles.

Ces institutions définissent la qualité de vie ici. Elles reflètent des décennies d'efforts collectifs et d'engagement commun.

Les maintenir exige quelque chose de simple et d'incontournable : la province doit percevoir suffisamment de recettes fiscales pour les financer. Or, cet équilibre est actuellement sous pression.

Le Nouveau-Brunswick fait face à un écart grandissant entre ce que le gouvernement dépense et ce qu'il perçoit. Les coûts des soins de santé continuent d'augmenter. Les infrastructures doivent être entretenues. Les attentes de la population envers les services ne diminuent pas.

Lorsque les revenus ne suivent pas le rythme des dépenses, la conversation change de nature. Elle devient une question de limites. Quels hôpitaux peuvent demeurer pleinement opérationnels? Quelles écoles peuvent être maintenues? Quels programmes communautaires continueront de recevoir du financement pour le travail qu'ils accomplissent chaque jour?

Ce ne sont pas des conversations que les Néo-Brunswickois souhaitent avoir. Ce sont pourtant celles qui nous attendent si nous ne faisons pas un choix différent maintenant.

Il existe une autre voie, et elle s'appelle la croissance.

Lorsque les entreprises croissent, elles paient davantage d'impôt sur les sociétés. Lorsqu'elles embauchent plus de personnes à de meilleurs salaires, ces personnes paient davantage d'impôt sur le revenu. À mesure que l'activité économique se développe, les fonds disponibles pour le gouvernement augmentent sans que personne n'ait à payer des taux plus élevés. Les services publics n'ont pas à être réduits, ils sont plutôt financés par la prospérité.

Le Nouveau-Brunswick n'a pas à choisir entre la responsabilité fiscale et la qualité de vie qu'il a bâtie. Il doit choisir la croissance.

La province possède déjà les ingrédients nécessaires : des entrepreneurs résilients qui bâtissent des entreprises qui rivalisent bien au-delà de nos frontières, une main-d'œuvre compétente, et des petites et moyennes entreprises qui constituent l'épine dorsale des collectivités de la province. Nous avons une assise de ressources naturelles telles que l’énergie, la foresterie, les minéraux, le gaz naturel, l’agriculture, la technologies propres émergentes dont le monde a de plus en plus besoin et qu'il cherche à se procurer auprès de juridictions fiables.

Le Nouveau-Brunswick peut être l'une de ces juridictions. Mais cela exige un état d'esprit commun quant à ce que nous cherchons à bâtir.

Ce n'est pas un problème que le gouvernement résout seul, et ce n'est pas non plus une faveur rendue aux entreprises. La croissance économique est le mécanisme par lequel cette province finance ce qui compte le plus pour les Néo-Brunswickois.

Les citoyens façonnent le climat économique par les choix qu'ils appuient et les conversations qu'ils encouragent. Les collectivités influencent si les nouveaux projets sont accueillis favorablement ou non. Les institutions déterminent si les jeunes voient des occasions ici ou se sentent obligés de partir pour en trouver ailleurs. Chaque signal compte et en ce moment, le signal que le Nouveau-Brunswick envoie sur sa confiance en son propre avenir est plus important qu'il ne l'a été depuis longtemps.

Si nous envoyons un message clair que cette province accueille les investissements, soutient les entrepreneurs et est sérieuse dans sa volonté de bâtir de nouvelles industries, les capitaux et les talents répondront à l'appel. Si nous hésitons, les occasions iront ailleurs.

Choisir la croissance signifie aussi le faire de la bonne façon. Le développement doit se faire avec de véritables mesures de protection environnementale et en partenariat à part entière avec les communautés des Premières Nations, dont le leadership et l'intendance ne sont pas des ajouts facultatifs à la conversation, ils sont essentiels pour bien faire les choses. Le progrès économique et le développement responsable ne sont pas en conflit. Ils sont les plus durables lorsqu'ils avancent ensemble.

La croissance se produira quelque part. Elle prendra racine dans les régions qui la choisissent et qui bâtissent les conditions qui lui permettent de s'épanouir.

La question est de savoir si cela se passe ici.