Man holding tablet

Au Nouveau-Brunswick, le secteur de la fabrication continue de contribuer à la croissance de l’emploi dans la province et, par là même, à celle de l’économie dans la région. L’industrie a bien résisté ici au fil des ans, par rapport à la situation dans les autres provinces, où elle a connu une baisse. De nombreux fabricants du N.-B. sont en activité depuis des décennies et on y trouve un grand nombre de membres du Conseil d’entreprises du Nouveau-Brunswick (CENB).

Table ronde JDI sur la compétitivité des fabricants au Nouveau-Brunswick

Le CENB s’est récemment associé en partenariat à l’Université du Nouveau-Brunswick pour proposer sa Table ronde JDI sur la compétitivité des fabricants au Nouveau-Brunswick. La première édition de cette table ronde vouée à devenir un événement annuel a eu lieu les 25 et 26 septembre 2019 à Fredericton. Des représentants des fabricants, des fonctionnaires du gouvernement, des universitaires et d’autres parties intéressées se sont rassemblés afin de mettre en évidence les tendances et les difficultés communes dans l’industrie et de discuter des recherches fondées sur des données objectives qui peuvent servir à faire progresser le secteur manufacturier dans son ensemble.

Lors de l’événement, Mme Adrienne O’Pray, présidente et directrice générale du CENB, a animé un panel de discussion sur le thème « Meeting Skills and Labour Supply Needs for Manufacturers » (satisfaire ses besoins en matière de compétences et d’offre de main-d’œuvre, pour les fabricants). Ce panel a examiné les données dont on dispose sur les pénuries de travailleurs, les facteurs qui influencent la transformation du marché du travail de façon cyclique et à long terme et les options de politique publique pour relever des défis comme les suivants :

 

  • recyclage professionnel et recrutement de personnes de talent
  • besoins d’investissements dans la modernisation et l’automatisation
  • répercussions des tarifs douaniers et des taux de change
  • mondialisation des marchés et nécessité de renforcer notre productivité
  • incidence de l’emplacement (frais de déplacement, frais de transport des marchandises) sur la compétitivité

Toutefois, qui dit obstacles dit possibilités. Notre province ne fait face qu’à peu de contraintes pour ce qui est de la place disponible pour développer ses activités. Le coût de la vie est inférieur. Les trajets pour se rendre au travail sont courts. Et les entreprises du Nouveau-Brunswick ont une excellente culture du travail, qui fait de la province un merveilleux endroit où vivre et faire des affaires. Il faut que nous célébrions les forces qui font la particularité du secteur manufacturier au Nouveau-Brunswick, afin de propulser l’industrie vers la prospérité.

Principaux enseignements de la table ronde

Voici quelques-uns des principaux enseignements de la Table ronde JDI sur la compétitivité des fabricants au Nouveau-Brunswick :
  • C’est dans le développement de la production et des ventes des entreprises qui sont en activité au N.-B. à l’heure actuelle que réside aujourd’hui le plus gros potentiel de croissance. Selon les estimations de M. Bruce Simpson, associé principal de McKinsey & Company Canada, avec des gains tout à fait réalistes en matière de productivité, nous pourrions faire augmenter le PIB de la province d’un milliard de dollars par an.
  • Il nous faut faire des dépenses d’investissement pour renforcer la productivité de la main-d’œuvre et rester compétitifs. Notre province a un potentiel de développement de son secteur manufacturier, mais seulement si nous nous mettons à investir dans les infrastructures et dans l’équipement, afin de renforcer la productivité et de moins dépendre de la main-d’œuvre.
  • Il faut que le gouvernement célèbre et soutienne nos « champions » régionaux et qu’il sensibilise le grand public au fait que, même si ces entreprises sont de grande taille à l’échelle du Nouveau-Brunswick, elles n’ont que peu de poids à l’échelle mondiale. Le gouvernement peut venir en aide au secteur manufacturier en proposant de devenir « partenaire dans la prise de risques », avec une surveillance attentive de ce qui fonctionne et de ce qui ne fonctionne pas.
  • En apportant notre appui aux petites et moyennes entreprises, nous pouvons mettre en application des approches de l’amélioration de la productivité comme l’approche « lean » (sans gaspillage), fournir de meilleures informations sur les fabricants qui ont réussi à améliorer leur productivité, améliorer nous-mêmes directement la productivité et préparer les entreprises à profiter des possibilités qui s’offrent à elles d’automatiser leurs processus.
  • En renforçant le dialogue entre les entreprises et les établissements d’enseignement, notamment au postsecondaire, de façon à ce que les programmes d’études et de formation correspondent davantage aux besoins des employeurs (notamment en matière de compétences générales), nous arriverons à tirer davantage profit des capacités de la main-d’œuvre dont nous disposons ici.
  • Il est important de trouver un dirigeant/propriétaire chargé des initiatives dont nous avons besoin dans la province pour attirer des personnes compétentes et développer les compétences des gens.
  • Il faut un gouvernement qui tient compte et se soucie de la compétitivité quand il examine sa politique fiscale, les dépenses énergétiques, les politiques sur la main-d’œuvre et la réglementation.

N’oubliez pas que l’approche que les fabricants ont adoptée et qui leur a permis de connaître la réussite par le passé ne leur permettra pas nécessairement de connaître la réussite à l’avenir. Au Nouveau-Brunswick, il faut que les fabricants envisagent d’utiliser la main-d’œuvre de différentes manières afin de relever les défis qui se présentent à eux, d’élargir leur façon de penser et de faire preuve de plus d’imagination sur les domaines dans lesquels il existe des possibilités.

Permettre aux fabricants du N.-B. de s’exprimer

Le CENB continuera de militer pour des politiques qui aideront les fabricants à survivre et à prospérer au Nouveau-Brunswick, mais les entreprises peuvent également diversifier leurs perspectives et recadrer elles-mêmes leurs problèmes afin de trouver des solutions originales et parfois inattendues.

Mme Jennifer Wilson, conseillère principale à Atlantic Industries Limited, qui faisait partie du panel de discussion pendant l’après-midi, encourage les fabricants à adopter une façon de penser dans laquelle ils prennent les devants et anticipent les problèmes (en imaginant ce qui sera possible à l’avenir et ce qu’ils peuvent faire pour y parvenir), au lieu de se contenter de réagir aux problèmes une fois qu’ils se sont posés. Selon elle, c’est l’espoir qui se situe au cœur même des possibilités dans notre province et le CENB est tout à fait d’accord. Cela veut dire non pas qu’on peut se contenter de croiser les doigts et de prier pour que les choses aillent bien, mais qu’il faut se concentrer sur un espoir ayant des applications concrètes. Cela veut dire qu’il faut rester positifs et travailler en collaboration en vue de faire progresser la compétitivité du secteur manufacturier et de déboucher sur un avenir plus prospère.